La loi Le Meur, adoptée le 7 novembre 2024, est la réforme la plus significative sur les meublés de tourisme depuis la loi ALUR. Du nom de la députée Annaïg Le Meur qui en était rapporteure, ce texte répond à une demande des élus locaux : rééquilibrer la fiscalité entre location courte durée et location longue durée. Pour les propriétaires parisiens qui louent sur Airbnb, les conséquences sont directes et chiffrables.
Contexte et objectifs de la loi
À Paris, les élus estimaient que la prolifération des meublés touristiques soustrayait des dizaines de milliers de logements du marché résidentiel, alimentant la hausse des loyers. Le constat n'est pas totalement faux : certains arrondissements du centre de Paris comptent davantage de logements Airbnb que de locataires stables.
La loi modifie principalement le Code général des impôts sur les régimes micro-BIC et donne de nouveaux outils aux communes. Ce n'est pas une interdiction d'Airbnb — loin de là. Mais c'est une hausse d'impôt réelle pour les non classés.
Réduction des abattements micro-BIC
C'est le changement le plus direct. La loi Le Meur modifie les abattements forfaitaires applicables en régime micro-BIC pour les locations meublées touristiques :
| Type de logement | Abattement AVANT (pré-nov. 2024) | Abattement APRÈS (loi Le Meur) |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme NON classé | 50% | 30% |
| Meublé de tourisme CLASSÉ (1-5 étoiles) | 71% | 50% |
| Chambre d'hôtes | 71% | 50% |
Le seuil de revenus pour le régime micro-BIC reste inchangé à 77 700 € pour les meublés non classés et 188 700 € pour les classés. Ce sont uniquement les abattements qui changent.
Ce que ça représente concrètement : pour un propriétaire avec 20 000 € de revenus Airbnb annuels en micro-BIC (logement non classé), la base imposable passe de 10 000 € (50% d'abattement) à 14 000 € (30% d'abattement). Avec une tranche marginale à 30%, c'est une hausse d'impôt d'environ 1 200 € par an.
Pourquoi le classement devient encore plus intéressant
La loi creuse l'écart entre classés et non classés. Avec un classement officiel (1 à 5 étoiles), vous bénéficiez d'un abattement à 50% contre 30% pour les non classés. Sur 20 000 € de revenus, l'écart de base imposable est de 4 000 € — soit environ 1 700 € d'impôt supplémentaire pour un non classé en TMI 30%. Consultez notre guide sur les avantages fiscaux du meublé de tourisme classé post-Loi Le Meur.
Renforcement des pouvoirs des communes
La loi dote aussi les communes d'outils renforcés pour réguler les meublés touristiques sur leur territoire :
- Autorisation préalable renforcée : les communes de plus de 200 000 habitants (dont Paris) peuvent instaurer des zones où toute nouvelle mise en location courte durée est soumise à autorisation préalable, au-delà de la simple déclaration.
- Transmission de données obligatoire : les plateformes comme Airbnb doivent désormais transmettre trimestriellement aux communes les données d'activité détaillées des hôtes.
- Plafonds communaux : les communes peuvent fixer des quotas de meublés touristiques par quartier ou par immeuble.
Quotas et registres locaux
Une disposition nouvelle concerne la possibilité pour les communes d'instaurer un registre local des meublés touristiques, distinct du numéro d'enregistrement national. Ce registre permet aux mairies de suivre en temps réel l'évolution du parc de locations courtes durées.
À Paris, la mise en oeuvre concrète de ces dispositions était en cours de définition au premier trimestre 2026. Les propriétaires existants ne sont pas immédiatement affectés par les quotas, qui ciblent plutôt les nouvelles autorisations.
Impact concret pour les hôtes parisiens
Pour les propriétaires qui louent leur résidence principale — situation la plus courante à Paris — les changements se résument à trois points :
- Hausse de la charge fiscale en micro-BIC : l'abattement réduit de 50% à 30% augmente mécaniquement la base imposable
- Avantage du régime réel renforcé : pour des revenus significatifs, le LMNP au réel devient encore plus attractif qu'avant par rapport au micro-BIC
- Incitation forte au classement : obtenir le classement officiel de son logement est désormais fiscalement rentable même pour des revenus modestes
Stratégies d'adaptation
Voici ce que je recommande selon votre niveau de revenus :
Pour les petits revenus Airbnb (< 10 000€/an)
Le micro-BIC reste simple malgré l'abattement réduit. La comptabilité du régime réel ne se justifie pas pour ces montants. En revanche, demandez le classement officiel de votre logement — c'est 100 à 300 € une fois tous les 5 ans, et l'abattement passe à 50% au lieu de 30%.
Pour les revenus intermédiaires (10 000 – 30 000€/an)
C'est la zone où la comparaison micro-BIC vs LMNP réel devient vraiment intéressante. Faites simuler les deux régimes par un comptable spécialisé LMNP. Avec des charges réelles importantes (intérêts d'emprunt, travaux, amortissement), le réel peut réduire significativement votre imposition.
Pour les revenus élevés (> 30 000€/an)
Le régime LMNP au réel s'impose. L'amortissement du bien sur 20-30 ans peut ramener votre base imposable à zéro pendant plusieurs années. Consultez un expert-comptable spécialisé en location meublée. Pour aller plus loin, lisez notre guide sur la fiscalité Airbnb en France et comment déclarer ses revenus Airbnb aux impôts.
Notre conseil : ne tardez pas à vous faire accompagner par un comptable spécialisé LMNP pour optimiser votre fiscalité dans le nouveau cadre légal. Les économies potentielles dépassent largement le coût d'une consultation.
Questions fréquentes
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